Coordinateur
Théâtre Varia BE
Coorganisateurs
Culture Lab BE
Théâtre les Bambous FR
Galleria Toledo IT
Partenaire
Maison des femmes du Burundi 
Date
1 juillet 2009 → 30 juin 2011
Subside européen
200 000,00 €
Catégorie
Théâtre

JAZ aborde, par le biais de la création théâtrale, la problématique de la maltraitance féminine. Le projet dirigé par le théâtre VARIA de Bruxelles propose la création d’une oeuvre théâtrale originale écrite par Koffi Kwahulé dans un contexte de témoignage impliquant victimes, bourreaux, comédiens et auteurs, engagés ensemble dans la tâche de rendre la parole des femmes.

Le projet aborde aussi bien la violence physique, l’agression visant la soumission sexuelle, que la violence et la destruction morale. Le désir de soumission, au-delà de la pulsion sexuelle, engendre une destruction de la victime qui pourrait s’apparenter à un meurtre symbolique. Dans les pays en guerre, notamment, le fait de s’attaquer aux femmes d’une communauté adverse donne aux agresseurs un sentiment de pouvoir sur leurs ennemis.

Face à ce phénomène, le prétexte culturel est parfois invoqué. Or, le tabou lié aux violences domestiques, contrairement à certaines idées reçues, n’est pas dû à la pudeur ou à un contexte culturel, mais à la peur. La violence ne peut être culturelle ; c’est sa justification qui l’est. Il s’agit là de l’un des axes essentiels du projet, qui sera exploité à partir d’une réflexion menée en parallèle dans les quatre pays d’où sont issus les partenaires. En associant différents pays et différentes cultures, les partenaires espèrent démontrer que si les mêmes violences se retrouvent sous des formes similaires au sein d’aires culturelles différentes, cela s’explique par le fait qu’il s’agit non pas d’un phénomène contextuel et culturel, mais bien lié à certains mécanismes humains comme la peur. Or, la peur, en tant qu’émotion, n’est pas culturelle : elle est humaine. Donner à comprendre le fonctionnement des émotions facilite la compréhension des raisons de la peur.

C’est à cet égard que le théâtre, en tant qu’outil de médiation, s’avère intéressant. Il travaille sur les émotions et la relation de celle-ci à la pensée. Faire prendre conscience des peurs et de l’origine de celles-ci peut changer la manière de percevoir l’Autre, et le monde.

Cette réflexion sera portée par un travail de création artistique, pour lequel les partenaires se sont assurés de la collaboration du dramaturge ivoirien Koffi KWAHULE – l’un des auteurs africains contemporains les plus reconnus et traduits de par le monde. Sous sa houlette et celle du directeur artistique Denis MPUNGA, il s’agira de rendre audible l’inaudible, conscient l’inconscient, public le tabou et le privé qui entourent la maltraitance infligée aux femmes. Le projet se proposera en effet de libérer la parole par une théâtralisation du quotidien, en rencontrant et en laissant témoigner, dans plusieurs pays, les femmes victimes, de même que leurs bourreaux, les animateurs spécialisés et les experts sur la question. Le théâtre, dans ce contexte, retrouve tout le sens de son étymologie d’origine : « point d’observation », « point de vue », « lieu d’où l’on regarde », ou tout simplement « regard ». Au théâtre, l’on joue et donne à jouer, et c’est ce jeu qui amène à la conscientisation et à la maîtrise de ce que l’on pense, de ce que l’on dit et de ce que l’on fait en conséquence.


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